Kevin Groulx part en sabbatique

Un vétéran très aimé du Royal nous quitte pour une année sabbatique, Kevin Groulx sera absent de l'alignement pour la saison 2021. Le numéro 80 fait partie de l'organisation depuis son année inaugurale, en 2014. Nous lui avons posé quelques questions pour lui rendre un petit hommage et pour les partisans se demandant où est Kevin. Depuis 2014, il a joué 64 matchs avec le Royal, il a joué 1265 points et il a cumulé 93 passes, 96 buts et 65 défensives. Pour les statistiques complètes, consultez sa fiche de joueur. Nous lui souhaitons du succès dans ses projets et beaucoup de bonheur! 

Est-ce que tu as trouvé la dernière année difficile? Qu’est-ce qui t’as manqué le plus?

La dernière année a été plutôt difficile, mais pas nécessairement à cause de la Covid. J’ai développé une hernie discale l’automne passé et je peux sincèrement dire que c’est la pire blessure que j’ai jamais traversée. Je suis encore en train de m’en remettre 5-6 mois plus tard. La course, la natation, le sport en général me manquent énormément, je suis inactif depuis décembre et je deviens un peu fou!

Quelles sont tes impressions face au déconfinement? As-tu des inquiétudes en pensant à ce retour à la vie normale, à cette frénésie des événements sociaux et de la performance qui reviendra en force, sans doute?

Aucune inquiétude de mon côté, j’ai toujours eu une vie sociale active et cela me manque énormément. Ne jouant plus dans le Royal cette année, je suis excité d’avoir un peu plus de temps libre pour profiter de l’été d’un autre œil!

Tu savais que toi et Gabriel Monfette êtes les deux seuls joueurs du Royal qui étaient présents sur l’alignement de la saison inaugurale?

Oui! C’est un peu un «running gag» entre nous. Chaque année on se demandait qui allait rester le plus longtemps! Je suis vraiment chanceux et heureux d’avoir partagé toutes ces saisons avec lui et j’aurais bien aimé en avoir une autre cette année!

Qu’est-ce qui a motivé ta décision de prendre une année sabbatique? Crois-tu que ça pourrait devenir une véritable retraite du ultimate professionnel?

Cela faisait quelques années que je me questionnais à savoir si je continuais à jouer de façon compétitive et avec la Covid qui a annulé notre dernière saison, je pensais fortement arrêter pour me concentrer sur d’autres projets. Cela fait quand même 11 ans que je dédie énormément de mon temps à ce sport. Je me considère très chanceux d’avoir pu vivre toutes ces expériences mais, en vieillissant, j’ai vraiment envie de poursuivre d’autres défis. D’autant plus qu’avec ma blessure qui a surgit l’automne passé, je me suis dit que mon corps serait heureux de prendre un peu de repos. Cela fait quand même trois blessures majeures en 3 ans, dont deux opérations. Je crois que cela pourrait devenir une retraite définitive, mais on ne sait jamais. Je sais que mon amour pour ce sport ne partira jamais et les liens que j’ai avec les joueurs actuels sont très forts, pour peu dire.

Est-ce que tu pensais jouer cet été dans un club compétitif ou récréatif si les mesures sanitaires nous le permettent?

Je ne sais même pas encore si mon corps va me permettre de jouer cet été, je suis encore en rétablissement et je ne cours toujours pas. Cependant, même si j’avais la capacité, je vais prendre un repos cette année autant mental que physique!

Pourrais-tu nous raconter un bon souvenir en tant que joueur du Royal? Et un bon souvenir à l’extérieur du terrain avec tes coéquipiers?

J’en ai tellement vécu que c’est difficile d’en cibler qu’un! Je crois que dans les années plus récentes, notre remontée à New-York au quatrième quart quand on perdait par 4 ou 5 fut un des moments les plus euphoriques que j’ai vécu! C’était vraiment beau à voir de la part de toute l’équipe! Pour ce qui est à l’extérieur du terrain, tous les road-trips/saisons ont leur lots de moments banals qui se transforment en souvenirs incroyables. Tous les joueurs de chaque édition amène une dynamique un peu différente qui anime nos saisons. Mais si je veux cibler un bon souvenir, je vais y aller à mon premier bon souvenir à l’extérieur du terrain. La première année je crois, l’équipe avait envahi un subway durant un roadtrip à Philadelphie et pour accélérer le processus, le coach et quelques joueurs s'étaient installés derrière le comptoir pour faire les sandwichs!

Quels sont les moments où tu étais le plus heureux au sein du Royal? Et à l’inverse, qu’est-ce qui était plutôt un défi pour toi au sein de l’organisation?

Je dirais que c’était une progression linéaire pour moi. Dans mes premières années, j’ai vécu beaucoup de défis en lien avec mon stress de performance et la gestion d’émotions sur le terrain. Je me questionnais beaucoup et, avec le temps, j’ai développé une plus grande confiance et cela m’a permis d’être un meilleur coéquipier et d’aider l’équipe de façon plus constante je dirais. Et c’est durant ce temps que j’ai été le plus heureux!

Est-ce que c’est difficile de gérer le stress associé au ultimate professionnel? Est-ce qu’il y a beaucoup de pression en tant qu’athlète professionnel d’ultimate?

Je trouve qu’il y a un certain stress à jouer pour le Royal et chaque joueur va le vivre différemment. Lors de mes débuts, je me suis mis beaucoup de pression sur les épaules et cela me donnait de la difficulté à bien gérer mes erreurs sur le terrain. Avec les années, j’ai gagné en maturité et en expérience et je ressentais seulement un bon stress, j’étais excité à l’idée de jouer du haut niveau.

J’aimerais avoir ton opinion sur ce sujet, lequel est le plus important dans une équipe ou à le plus d’impact, l’entraîneur ou le capitaine?

Je ne crois pas qu’il y ait une réponse exacte à cette question, cela dépend énormément de la chimie de chaque équipe. Au fil des années avec le Royal, les deux ont été vrais à un certain moment donné. Les deux doivent évidemment travailler en tandem pour amener l’équipe au succès et des fois cela veut dire, se retirer et mettre son ego de côté, un peu pour laisser plus de place à l’autre.

Aurais-tu un message pour tes fans, des plus petits au plus grands? 

Bien sûr! Je les remercie énormément et il n’y pas une fois où je n’ai pas apprécié les rencontrer après les parties. C’était toujours impressionnant de voir à quel point il y avait de l’amour. J’ai adoré voir qu’avec les années, il y avait de plus en plus de jeunes dans les estrades, je crois que le sport est entre de bonnes mains :)

Il y a beaucoup de très jeunes joueurs sur l’alignement du Royal, tu es déjà passé par là. Aurais-tu des conseils ou suggestions pour ces jeunes afin que leur intégration et leur séjour dans l’ultimate professionnel se passent bien?

Le plus gros conseil est de mettre de côté son ego et d’être ouvert à n’importe quel commentaire. L’athlète qui prend bien le feedback a beaucoup plus de chances de s’améliorer. Je dirais aussi d’apprécier chaque pratique, car c’est facile de tomber dans la routine et de moins réaliser à quel point ça peut être des beaux moments, même si ce n’est pas devant des fans. 

Est-ce que tu es attiré par un autre sport que tu aimerais découvrir davantage?

J’ai toujours été un passionné, quand je découvre un nouveau sport, je plonge dedans. Il y a un an ou deux, j’ai découvert la natation avec Gabriel et mon coloc Thomas et j’ai vraiment adoré. Avec mon amour pour tout ce qui est vélo, la combinaison est parfaite pour me lancer dans le triathlon. Je découvre la beauté du sport individuel et des défis qu’il comporte. C’est un nouveau territoire pour moi et je ne pourrais pas être plus motivé. Je me lance dans le triathlon avec une approche différente, par contre. J’ai toujours été compétitif et très axé sur la performance et les résultats. En me distançant de ça, je découvre une passion pour le sport plus en lien avec le plaisir même du mouvement et du moment présent. La course, la natation et le vélo me  permettent vraiment de m'immerger dans le plaisir du sport sans penser au temps et à la performance.

Tu as de nouvelles passions, restauration et tatouages, est-ce que tu as des projets concrets par rapport à celles-ci?

Oui! Je me cherche un peu et j’aime découvrir de nouveaux domaines. Je me laisse aller dans différents projets sans me mettre trop de pression pour l’instant. 

As-tu des projets de voyages si la vie nous permet d’en faire prochainement?

Il y a un an et demi, j’avais des plans de voyages, mais avec la Covid je suis très comfortable à les repousser. Pour l’instant, je prends l'occasion de me concentrer sur mes autres projets et je vois vers où tout ça va me mener.